Habiter dans une grande ville est fatiguant côté nerfs, mais génial côté culture et savoirs. Travailler pour une grande entreprise permet aussi de profiter d’activités et animations annexes, du type conférences dans le cadre de la semaine du développement durable.
Feedback sur la conférence d'un interlocuteur de l'association S.I.E.L. Bleu, dont l'objectif est de "participer à l'amélioration de la qualité de vie et au maintien de l'autonomie. Il ne faut pas seulement ajouter des années à la vie, mais ajouter de la vie aux années."
Le groupe S.I.E.L. Bleu, pour "Sport, Initiatives et Loisirs" a été créé en 1997 dans le Bas-Rhin. Ils utilisent l'activité physique comme outil de prévention, d'autonomie mais aussi de lien social. Ils interviennent principalement auprès des seniors dans les maisons de retraite, d'abord une douzaine sur Strasbourg dès mars 1998, puis bien plus par la suite. Peu convaincues, les maisons de retraite ont accepté de mettre en place les animations de l'association... et 11 sur les 12 ont renouvelé leur contrat après 6 mois et demandé de mettre en place la totalité de leur programme.
Au-delà de leurs interventions en maison de retraite, la 2ème étape est de permettre aux seniors de se remettre à une activité physique à domicile. Il s'agit ici de leur redonner envie de bouger. Ils ont instauré un programme de prévention des chutes en collaboration avec des médecins et kinés et sont aujourd'hui relayés par la CNAM en France.
Ils interviennent également en entreprise dans le cadre de la prévention des TMS (Troubles Musculo-Squelettiques), notamment en BTP où 80% des accidents de travail ont lieu pendant les 50 premières minutes, en leur faisant faire quelques minutes d'échauffement avant de commencer le travail. Quelques résistances plus tard, les retours sont positifs et les salariés parlent de bouffée d'oxygène, de changement de façon de se connaître, et ils observent aussi une meilleure communication entre les cadres et ceux qui travaillent sur le chantier, d'où un meilleur travail.
Concrètement, comment s'y prennent-ils ?
- Des systèmes de gym sur chaise en maison de retraite, pour que même ceux à mobilité réduite puissent participer.
- Gym douce ou aquatique, relaxation...
- Echauffements en entreprise
A qui s'adressent-ils ?
- Principalement aux seniors
- Aux malades d'Alzeihmer et Parkinson également.
Et financièrement parlant ?
Leur modèle économique est viable et ils vivent sans subventions. Ils ont choisi de créer différents modèles :
- S.I.E.L. Bleu pour les seniors
- S.I.E.L. Bleu Handicap, principalement pour les handicaps mentaux
- R&D pour les nouvelles activités : alcoologie, diabète, cancers...
- Création d'un pôle de formation de leur personnel soignant et création d'un diplôme en partenariat avec l'université.
- DomiSIEL pour le retour d'hospitalisation et dont l'objectif est d'être intégré à des contrats dépendance, bénéficiant de l'agrément qualité dans le cadre de l'APA)
- GPS Santé pour la prévention des TMS en entreprise (filiale commerciale qui cofinance l'association grâce à des dividendes).
Ils bénéficient de la reconnaissance de nombreux partenaires, dont Ashoka, qui récompense les initiatives et entrepreneurs sociaux/responsables et fait le lien entre les associations et les entreprises.
Ils emploient 250 salariés à temps plein pour des services rendus à 45 à 50.000 personnes par semaine.
Où en sont-ils ?
Depuis 2000-01, ils se sont étendus à l'extérieur du Bas-Rhin et ont rencontré des conseils généraux et mairies afin de toucher un maximum de personnes. Des antennes ont été crées à Thionville, en Haut-Rhin et Franche-Comté.
Données à vérifier, bien sûr, c'est un simple compte-rendu de ce que j'ai pu noter sur la conférence. Le concept est intéressant, l'initiative du groupe est importante, mais ne serait-ce pas également le rôle de l'Etat ? Former le personnel des maisons de retraite, leur donner du budget... aider financièrement les familles. Et que dire de toutes ces personnes âgées auxquelles personne ne rend jamais visite même si l'entourage n'habite pas forcément loin ? Ce n'est pas facile, mais ne doit-on pas aux aînés ce qu'ils nous ont donné quand on était dépendants nous aussi ? Sujet tabou, je sais. Nous retrouver confrontés au côté effrayant de la vieillesse (dépendance, baisse des capacités dans tous les domaines... et mort) nous fait paniquer, reculer. Mais la culpabilité peut-être pire, finalement. Fermer les yeux est un fardeau permanent et bien lourd...
Recent Comments